
Le parfum des fleurs la nuit
2021
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Leïla Slimani
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Summary
Comme un écrivain qui pense que « toute audace véritable vient de l’intérieur », Leïla Slimani n’aime pas sortir de chez elle, et préfère la solitude à la distraction. Pourquoi alors accepter cette proposition d’une nuit blanche à la pointe de la Douane, à Venise, dans les collections d’art de la Fondation Pinault, qui ne lui parlent guère ? Autour de cette « impossibilité » d’un livre, avec un art subtil de digresser dans la nuit vénitienne, Leila Slimani nous parle d’elle, de l’enfermement, du mouvement, du voyage, de l’intimité, de l’identité, de l’entre-deux, entre Orient et Occident, où elle navigue et chaloupe, comme Venise à la pointe de la Douane, comme la cité sur pilotis vouée à la destruction et à la beauté, s’enrichissant et empruntant, silencieuse et raconteuse à la fois. C’est une confession discrète, où l’auteure parle de son père jadis emprisonné, mais c’est une confession pudique, qui n’appuie jamais, légère, grave, toujours à sa juste place : « Écrire, c’est jouer avec le silence, c’est dire, de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle ». C’est aussi un livre, intense, éclairé de l’intérieur, sur la disparition du beau, et donc sur l’urgence d’en jouir, la splendeur de l’éphémère. Leila Slimani cite Duras : « Écrire, c’est ça aussi, sans doute, c’est effacer. Remplacer. » Au petit matin, l’auteure, réveillée et consciente, sort de l’édifice comme d’un rêve, et il ne reste plus rien de cette nuit que le parfum des fleurs. Et un livre.
Reviews and Comments
15 reviewsSur les conseils de son éditrice Leila Slimani passe une nuit seule enfermée au musée de la douane à Venise. C’est l’occasion pour elle de réfléchir à son évolution de femme arabe vivant à Paris, son voyage immobile, sa relation avec son père et l’ambivalence de sa situation: ni arabe, ni française. Très belle réflexion.
Leila Slimani passe une nuit au musée à la Pointe de la Douane à Venise et se livre à travers une confession discrète et pudique. On apprend à mieux la connaître et j'ai bien aimé.
Pas mal. Essai sur une nuit enfermée dans le musée de la douane de mer à Venise, prétexte à évoquer sa sensibilité, sa famille, ses origines marocaines
Yto Barada