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Je suis la sterne et le renard

2025

Alain Mascaro

Ghislaine Martellucci

Ghislaine Martellucci rated 9/10

Invitation à une veillée islandaise, de belles description de la nature authentique et sauvage des paysages en parallèle de la condition humaine et de la violence subie par les femmes.

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9.5/10

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Summary

""Ma sœur, il est temps d'écouter Aam la brodeuse. Puisse cette histoire dénouer ce qui t'étouffe et t'ouvrir à l'immensité des landes." Ainsi commence la saga du clan de l'Ormr. Barbra, Aana, Álfheidr et les autres forment une lignée de femmes sans père ni mari. À la fois brodeuses d'histoires, guérisseuses, sages-femmes, chamanes, gardiennes des Hautes Terres et des forêts, elles sont en butte à la violence que les hommes exercent sur elles aussi bien que sur la nature. Aam raconte leurs destins, qui débutent quand l'esclave Barbra, quelque temps après avoir assisté à la naissance d'un volcan, est accusée d'avoir réveillé l'Ormr, le dragon de feu, et d'attendre son enfant. Mais qui est cette sœur à laquelle Aam adresse son récit depuis le réduit obscur d'une maison de tourbe ? Et ce qu'elle transmet n'est-il pas de tous les temps et de tous les lieux, tant il est vrai que les hommes ont cru et multiplié, asservissant les femmes et la Terre ? Grande saga islandaise traversée par des paysages somptueux et des landes ancestrales, ce roman, tissé de légendes et d'imaginaire, déploie une fable aux résonances contemporaines."--Page 4 of cover.

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2 reviews
Ghislaine Martellucci
Ghislaine Martelluccirated ★ 9/10
January 18, 2026

Invitation à une veillée islandaise, de belles description de la nature authentique et sauvage des paysages en parallèle de la condition humaine et de la violence subie par les femmes.

Alice
Alicerated ★ 10/10
July 31, 2025

« Les gens courbaient l'échine, silencieux et mornes et n'osant élever la voix, comme si le dehors était une messe noire qu'il ne fallait surtout pas déranger, sous peine de voir les démons sortir des tourbières et venir danser parmi les hommes. Je n'en dirai pas plus pour ce soir, ma sœur. L'air est frais soudain et tes yeux se ferment. Puisse la nuit réparer ce que le jour en toi a défait. » « Les hommes prennent racine sur des lopins qu'ils disent leur appartenir, et ils y passent la totalité de leurs hivers, sans bouger. Ils sont assis. Dans la pénombre, ils regardent la tourbe se consumer et danser les ombres à la lueur des lampes. Mais ce qu'ils voient n'est ni la nuit ni la lumière et ce qu'ils vivent n'est pas la vie, juste une préfiguration du tombeau, ils sont déjà dans la terre, à fermenter. La vie est dehors, ma sœur, dans l'errance et le mouvement, à éprouver son corps dans la brûlure du soleil et du froid. » « C'est que nous chérissons nos ombres, ma sœur, j'en ai peur! Nous les gardons serrées dans le secret de nos âmes, sans réaliser que ce sont des ombres seulement parce que nous les cachons, alors que la moindre lumière suffirait en fait à les réduire. Plus nous les cachons, plus elles deviennent sombres; et nous entretenons leur noirceur avec tout ce que nos vies recèlent d'obscurité par ailleurs. À force de silence et de non-dits, nous transmettons ces ombres à nos filles, plus ou moins malgré nous, sans les avoir nommées, ni même adoucies. Nous leur léguons notre part de ténèbres, oui, tel est notre flambeau. Nous leur laissons nos blessures et nos peurs muettes en héritage. Celles qui les reçoivent ne comprennent pas toujours pourquoi elles souffrent, mais elles souffrent, et à leur tour elles transmettent le mal, augmenté d'autres maux glanés au fil de l'existence. Tu le sais bien, ma sœur, toi qui as reçu ce fardeau d'une mère que tu n'as pourtant pas connue. Et moi-même j'ai fait ce triste héritage, crois-moi ! Cela dure ainsi jusqu'à ce qu'une main miraculeuse ne vienne dénouer l'écheveau, ou quelque voix s'insurger contre ce mauvais legs. Le plus souvent, il n'y a ni main ni voix secourable, et le fardeau passe de génération en génération, de plus en plus lourd et opaque à chaque fois. »

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