
Pauvre folle
2023
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Chloé Delaume
fran lejeune plans to do
Chloé Delaume, fémininiste activiste, a reçu le prix Médicis . Elle nous raconte sa passion impossible pour le Monstre, un partenaire de jeu de rôle à la Villa Médicis. La Reine de l'autofiction nous emmène dans le tourbillon de son monde intérieur, avec une écriture impeccable et riche. Le pendant d'Annie Ernaux pour la génération qui l'a suivie. Née en 1973.
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Summary
Dans toutes les histoires d’amour se rejouent les blessures de l’enfance : on guérit ou on creuse ses plaies. Pour comprendre la nature de sa relation avec Guillaume, Clotilde Mélisse observe les souvenirs qu’elle sort de sa tête, le temps d’un voyage en train direction Heidelberg. Tandis que par la fenêtre défilent des paysages de fin du monde, Clotilde revient sur les événements saillants de son existence. La découverte de la poésie dans la bibliothèque maternelle, le féminicide parental, l’adolescence et ses pulsions suicidaires, le diagnostic posé sur sa bipolarité. Sa rencontre, dix ans plus tôt, avec Guillaume, leur lien épistolaire qui tenait de l’addiction, l’implosion de leur idylle au contact du réel. Car Guillaume est revenu, et depuis dix-sept mois Clotilde perd la raison. Elle qui s’épanouissait au creux de son célibat voit son cœur et son âme ravagés par la résurgence de cet amour impossible. La décennie passée ne change en rien la donne : Guillaume est toujours gay, et qui plus est en couple. Aussi Clotilde espère, au gré des arrêts de gare, trouver une solution d’ici le terminus.
Reviews and Comments
15 reviewsDisséquer son histoire d'amour le temps d'un voyage en train
DNF. Je n'avais jamais lu Chloé Delaume, avant aujourd'hui et je ne suis vraiment pas allée loin. Il y a des passages qui m'ont vraiment parlé, car je me suis reconnue dans pas mal de choses concernant le cerveau de Clotilde, l'avis et les conseils des autres face à sa maladie, sa vision de la résilience, les dégâts irréversibles d'un trauma, l'écriture comme arme (dans mon cas comme moyen de survie)...Etc Le problème, c'est que j'ai détesté Clotilde. Je la trouve antipathique, agaçante, je ne partage pas sa vision sur beaucoup de choses et je n'ai pas non plus vraiment apprécié la plume de l'auteur. Les passages qui m'ont parlé, ne m'ont pas "touchée", il n'est pas question d'émotion ou même d'appréciation des mots, mais de quelque chose de plutôt "froid". Comme si j'avais trouvé la description d'un symptôme dans un livre médical. Du coup, passé le tout début où les passages dans lesquels je me reconnaissais, me faisaient supporter le reste, je n'ai pas eu la force d'en supporter davantage. Je sais que sa façon de parler du genre, de la sexualité et du féminisme m'aurait bien trop fait grincer des dents.
Je n'ai pas été vraiment convaincu par cette histoire d'amour obsessionnel qui adopte, sans doute en s'en moquant un peu, les codes de la préciosité : la "Reine" aime le "Monstre" qui l'aime ... un peu. Manque de chance, il est homosexuel, et en couple depuis des années, mais elle pense, pauvre folle, qu'elle pourra malgré tout, puisqu'il est l'élu, construire avec lui cette relation privilégiée - poétique et sensuelle - dont elle rêve ... En arrière-plan, la question du féminisme et de ses contradictions, de l'autofiction et des traumatismes subis par l'autrice dans son enfance (son père a tué sa mère sous ses yeux et l'on comprend bien que la possibilité même de l'amour se délite après ça). J'ai cependant été sensible au fil narratif qui emmène en train, pour ce retour sur elle-même, la narratrice vers Heidelberg, la ville romantique par excellence ... Pour une critique plus positive, voir par exemple la recension de Léa Dornier : https://www.lecho.be/culture/litterature/serie-d-ete-voyager-dans-sa-contree-interieure-6-7-pauvre-folle-dans-la-tete-de-chloe-delaume-et-son-double-litteraire/10486929.html