
Albert Nobbs
2011
•
Drama
•
1h53
Community Reviews
Public Opinion
37 reviews
8.0/10
2.7/5
Press3.3/5
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Synopsis
Albert Nobbs struggles to survive in late 19th-century Ireland, where women aren't encouraged to be independent. Posing as a man so she can work as a butler in Dublin's most elegant hotel, Albert meets a handsome painter and looks to escape the lie she has been living.
Reviews and Comments
9 reviews(Spoilers) Albert Nobbs est un film de l’étouffement : une tragédie sans éclat, où la survie se paie d’une disparition progressive. Porté par une actrice principale remarquable, il met en scène une alternative impitoyable — se dissimuler jusqu’à s’absenter de soi, ou risquer l’opprobre — et c’est cette absence d’issue, plus que la somme des malheurs, qui imprime l’injustice. Sa lucidité tient à la jonction classe/genre : la tolérance n’y relève pas d’un principe moral, mais d’un privilège social. Quand la transgression s’inscrit dans les codes bourgeois (le vicomte : discrétion, capital relationnel, respectabilité), elle peut être recouverte par le vernis des convenances et requalifiée en singularité privée. À l’inverse, quand elle vient d’en bas (Albert), elle n’est pas forcément “affrontée” de face : elle est plutôt déniée, puis réglée par des mécanismes plus lâches et plus cruels. Ainsi, l’injustice n’explose pas en confrontation directe, elle se manifeste après-coup — jusque dans la spoliation, jusque dans le fait que la mort n’ouvre même pas un espace de dignité, mais prolonge l’effacement par le vol. Le film dit alors quelque chose de brutal : même quand personne ne “crie”, l’ordre social gagne, parce qu’il contrôle les traces, les biens, la mémoire. La tenancière, dans ce cadre, n’est pas un simple personnage haïssable : elle incarne la violence ordinaire, celle qui ne théorise rien mais exécute la norme — regard, mépris, opportunisme, petites cruautés cumulées. Reste un regret : Mia Wasikowska demeure sous-employée, comme si le film renonçait à développer une véritable ligne de fuite, et s’obstinait — volontairement — dans le resserrement tragique de son dispositif.





